Il nous l'avait pourtant juré; il le répétait à qui voulait l'entendre; il n'était plus le même homme. Fini le traîtrede 95, l'héritier joufflu de Balladur, l'homme politique banal. Nous étions en pleine campagne présidentielle et Nicolas Sarkozy, celui qui allait devenir le Président de la République quelques semaines plus tard, tentait de rassurer ses détracteurs les plus tenaces. Sarko 1er était né!
Dix mois, un divorce, un bilan économique minable, un mariage, une défaite aux municipales et quelques Rolex plus tard, notre Nicolas national se métamorphosait. Fini le bling bling et l'omnipotence, François Fillon allait essuyer les plâtres. Après tout, il est un peu là pour ça. Sarko était en phase avec son rôle de chef d'Etat. Ère n°2 du Sarkozyme!
Seulement... Chassez le naturel, il revient au grand galop!
Deux mois au second plan, pour un hyperactif, c'est beaucoup, c'est trop. Alors le voilà, de retour, prêt à nous délivrer la divine parole, à... Rungis! Bon ok l'endroit peut paraître cocasse. Quoique...Un endroit public, un symbole de la "France qui se lève tôt", où toutes les caméras pourront le voir, accompagné de madame. On le croirait presque en campagne. Remarque, c'est sans doute ce qu'il fait de mieux.
On ne peut pas non plus rester insensible à son côté infantin(peut-être même sale gosse). Il désire plus que tout ce qu'on lui a toujours refusé, le rôle de premier ministre (d'où cette hyper présidence). C'est ce qu'il a prouvé ce matin là, lors d'une interview sur les ondes de RTL. Il s'affaire à tout! Imaginez :"Les pêcheurs? Laissez M. le ministre Barnier! Je m'en occupe!".Les retraites, la redevance audiovisuelle, les 35 heures... tout y est passé; enfin presque tout parce que pour la hausse des carburants, là, il n'y peut rien. Ce serait plutôt à l'Europe de modifier la TVA, mais bonheur du calendrier, en juin ce sera aussi lui l'Europe!
Et ce sera ça, Sarko n°3...
Dimanche dernier, aux micros de Canal+, Jean-François Copé, président à l'Assemblée du groupe UMP, soulignait l'importance que devaient prendre les députés de la
majorité dans le processus des réformes. Pour lui, ces mêmes députés sont le "remède" aux légères dissonances ministérielles entrevues récemment: "D'ailleurs, à chaque fois
qu'on n'est pas associé en amont, ça fait des couacs" résumait-il.


